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Publié le 10/07/2019 - court-métrage

Du 10 au 16 juillet 2019

Les barbares et By the Kiss, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 10 au 16 juillet 2019.

 

  • Les barbares devant les séances de Rojo

    Nous, plèbe ; nous, barbares…

C’est en 2003 que Jean-Gabriel Périot avait été vraiment découvert au fil des festivals, à travers We Are Winning, Don’t Forget. Un film expérimental choc, composé sur une base de plusieurs centaines photographies montées en un rythme très rapide, au tempo d’une composition de musique électronique participant à donner tout son sens au geste artistique, aussi insoumis et engagé que son réalisateur l’était et qu’il l’est resté.

Quelques années et plusieurs films marquants sont en effet passés et Les barbares est venu, en nouveau brûlot, creuser en 2010 ce sillon. Cette fois, “JGP” – comme on dit “JLG ! – a sensiblement modifié son approche graphique, traitant son matériel photographique selon d’autres procédés de montage, d’incrustation et presque de découpe. Toujours calé sur la musique exploitée, ce tourbillon d’images crée un discours politique fort, partant de vues officielles des “grands de ce monde”, réunis au sein des sommets internationaux, pour se diriger peu à peu vers des anonymes et, encore plus loin, des figures de rébellion, de manifestations et d’embrasement de la rue évoquant l’ombre d’une construction sociale inepte accélérant toutes les inégalités. Le contexte de 2018-2019 résonne tout particulièrement dans ce message revendiqué, où la source de la barbarie, au XXIe siècle, n’est sans doute pas celle que l’on pourrait croire de prime abord.

Scénario Jean-Gabriel Périot Musique Xavier Thibault Production Sacrebleu Productions
L’Extra Court

 


  • By the Kiss devant les séances de Vita & Virginia

    Nuit. Baisers. Le cœur dévoré.

Bien avant Un couteau dans le cœur et sa sélection en compétition officielle au Festival de Cannes, Yann Gonzalez faisait ses débuts de réalisateur à travers un plan. Un plan-séquence, plus exactement, où il filmait dans un noir et blanc superbe une femme mystérieuse, vêtue de sombre, les cheveux déliés et se tenant, comme en train d’attendre, devant un mur lépreux parsemé de graffitis grattés… Incarnée par celle qui allait devenir l’égérie de tout son cinéma, la farouche Kate Moran, elle voyait entrer dans le champ plusieurs personnages se jetant sur elle pour l’embrasser, parfois avec force, sinon avec violence, en une tempétueuse allégorie de la passion amoureuse et charnelle.

Le motif allait hanter dès lors l’œuvre de ce réalisateur volontiers rebelle, parfois provocateur, toujours épris de liberté et de poésie, aussi baroque et “impure” soit-elle… Un cinéma perpétuellement vibratile, où la musique joue un rôle majeur, aussi aérienne et enivrante que cette composition électro de M83, le groupe du propre frère du réalisateur, Anthony Gonzalez, véritable alter ego dans la création des images aussi inoubliables que ces baisers intenses et déchirants de By the Kiss, Prix UIP du meilleur court métrage européen au Festival de Vila do Conde en 2006.

Scénario Yann Gonzalez Musique Anthony Gonzalez Interprétation Pierre-Vincent Chapus, Alison Hallaine, Salvatore Viviano, Thiago Teles, Kate Moran Production Épicentre Films
L’Extra Court