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Publié le 11/03/2020 - court-métrage

Du 11 au 17 mars 2020

Dans le cadre des Semaines d’Éducation Contre le Racisme et toutes les formes de Discriminations (#SECD), Vos Cinémas s’associent et vous proposent une programmation de courts-métrages sélectionnés pour l’occasion. Pour cette première semaine, venez découvrir Blessure et Je suis caucasien dans vos salles préférées.

 

  • Blessure devant les séances de Un fils et Lara Jenkins

    Le film d’une passagère de métro à la veille de Noël. Le film que vous avez peut-être déjà vécu.

Version à peine allongée de Je suis une blessure, film de deux minutes vingt ayant remporté le Grand prix du jury (qui était présidé par la réalisatrice et comédienne Emmanuelle Bercot), ainsi que celui du meilleur son au Nikon Film Festival 2018, ce court métrage s’inscrit dans la psyché même du Paris post-attentats. L’eau de la Seine a beau avoir coulé depuis l’indicible horreur de 2015, chacun peut à tout moment en voir resurgir le spectre, sans prévenir et en faisant monter l’angoisse en quelques secondes, sur la base d’un simple détail, dans la rue ou les transports en commun.
Durant un banal trajet en métro, une passagère est ainsi saisie d’une terreur –communicative d’un côté de l’écran à l’autre – en soupçonnant brutalement un passager porteur d’un paquet emballé de papier cadeau – Noël est imminent, nous apprend le synopsis du film – qui pourrait dissimuler de sombres desseins… La dramatisation asphyxiante des médias “mainstream” ayant conditionné de paranoïa nos esprits, même à notre insu, Blessure en dit beaucoup sur l’époque, pas forcément très glorieuse entre tentation de s’abaisser au délit de faciès et but ultime de simplement sauver sa peau.

Scénario Antonin Archer, Léo Bigiaoui Interprétation Marie Desgranges, Dali Benssalah, Abdel Chouffri, Fahmi Guerbâa, Loris Sasso Production Frenzy Studios
L’Extra Court

 


  • Je suis caucasien devant les séances de La bonne épouse et Cyrille, agriculteur

    Un jeune comédien passe son premier casting pour le cinéma…

Au fil des thématiques proposées par le Nikon Film Festival sur le principe du “Je suis…”, Olivier Riche a mis en scène plusieurs autres opus avant Je suis un Caucasien. Se sont ainsi égrenés, parfois en coréalisation avec David Merlin-Dufey, Je suis fan de mon voisin (2012), Je suis gravé (2014), Je suis orientée (2015) et Je suis l’ombre d’une flamme (2016). Avec toujours une durée semblable, entre cent-quarante et cent-soixante secondes, et toujours avec un regard décalé sur le monde, dont le jeune réalisateur saisit, le temps d’une chronique, la réalité parfois cruelle.

Cette fois, il filme le racisme ordinaire et les clichés enracinés dans les esprits à travers l’aventure d’un jeune acteur noir, sur lequel un déterminisme s’abat comme un couperet. Venu comme convenu passer une audition pour tenir le rôle du personnage central d’une fiction, Brice Roland, âgé de vingt ans, se voit illico refuser l’essai par la directrice de casting, en raison de sa couleur de peau. Celle-ci l’oriente même, avec une fausse générosité, vers le mini-emploi – d’une scène unique – d’un agent de sécurité prénommé Mamadou. Un propos qui résonne avec la parution aux éditions du Seuil, en mai 2018, de l’essai collectif, en forme de livre-manifeste, de Noire n’est pas mon métier, sous l’impulsion de l’actrice Aïssa Maïga. Seize comédiennes françaises noires ou métisses y témoignaient de leur expérience, marquée par les discriminations et les stéréotypes malheureusement toujours en vigueur dans le cinéma hexagonal.

Scénario Olivier Riche Interprétation Isma Kebe, Nouritza Emmanuelian Production Autourdunfilmproductions
L’Extra Court