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Publié le 11/09/2019 - court-métrage

Du 11 au 17 septembre 2019

Shuffle et I Follow You, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 11 au 17 septembre 2019.

 

  • Shuffle devant les séances de Music of My Life et Le mariage de Vérida

    Réminiscences visuelles pour souvenirs sonores : un parcours fragmentaire, aléatoire, au gré d’un millier de disques et de trente années en musique.

Après Sillons…, Stéphane Kahn creuse le sien, de sillon, en s’intéressant à nouveau aux supports matériels de ces musiques qui l’accompagnent au fil du temps, depuis plusieurs décennies, donc à tout ce qu’ils peuvent véhiculer et évoquer, faisant remonter des souvenirs subjectifs en chacun de nous. Subjectifs et subliminaux, surtout, puisque le dispositif adopté fait se succéder à grande vitesse des bribes de visuels d’albums variés, où l’œil perçoit ce qu’il peut et/ou veut. L’un identifiera Bowie, Noir désir ou les Rolling Stones ; son voisin Pulp, Étienne Daho ou Bruce Springsteen, dont l’un des opus (The Wild, The Innocent and the E Street Shuffle) résonne avec le titre du film, même si celui-ci évoque avant tout cette fonction de lecture aléatoire emblématique des iPod.

Là où la mélancolie pourrait l’emporter, le rythme effréné du montage rend la matière utilisée réellement vivante, les objets en question – des pochettes de carton renfermant des disques vinyle – composant les strates temporelles du présent même de celui qui s’exprime comme celui des nombreux spectateurs partageant son univers musical en un patrimoine partagé, donc précieux et riche de résonances intimes.

Scénario Stéphane Kahn Musique Stéphane Kahn
L’Extra Court

 


  • I Follow You devant les séances de Deux moi et Mjólk, la guerre du lait

    Anna tombe sur Jesper dans le train du matin. Elle ne l’a jamais vu auparavant, mais il s’avère que celui-ci connaît absolument tout d’elle.

La nouvelle donne de la toute-puissance des réseaux sociaux a ouvert une dimension supplémentaire dans la manière d’aborder à l’écran les thèmes de l’exhibitionnisme et du voyeurisme. L’inconnu qui aborde Anna dans les transports en commun, en cette matinée comme les autres, n’a rien d’effrayant et pourtant, il fait naître plus qu’une inquiétude chez son interlocutrice. Tout le sel du film réside en cette apparence de banalité de l’individu, Jesper, qui n’a pas l’air désaxé et parle calmement, toujours cool et franc, mais en ayant l’air de rien, tout connaître de la jeune femme, qu’il a virtuellement traquée, “stalkée” dit-on, rentrant sans qu’elle le sache dans son intimité via Facebook ou Instagram.

On est désormais loin des observations aux jumelles de Fenêtre sur courtd’Hitchcock ou de Brève histoire d’amour de Kieslowski, mais la paranoïa d’être épié(e) à son insu a pris une ampleur démultipliée. On peut en rire, comme à travers ces trois minutes toniques et fonctionnant comme un miroir tendu : et si cela vous arrivait ?

Scénario Jonatan Etzler Musique Kevin Smither Interprétation Madeleine Martin, Kristoffer Berglund
L’Extra Court