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Publié le 13/03/2019 - court-métrage

Du 13 au 19 mars 2019

Jafar Panahi, télépathie et Je suis une ouvrièredeux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 13 au 19 mars 2019.

 

  • Jafar Panahi, télépathie devant les séances de Ma vie avec John F. Donovan et Sibel

    Jean-Luc Godard et ses amis de la Cinémamecque croient à la présence de Jafar Panahi même lorsqu’il est absent de sa rétrospective au Centre Pompidou…

Récemment, on a déjà pu apprécier Oscary Movie, réalisé par Vincent Barrot, dit “Marchouillard”, flanqué du petit peuple de sa “Cinémamecque” en pâte à modeler, mû par une impeccable maîtrise du stop-motion. L’univers du cinéma donne à cet iconoclaste cinéphile des motifs inépuisables d’imaginer de petits sketches où de multiples personnalités sont identifiables, non seulement physiquement, mais également à travers leurs voix – toutes assurées par cet homme-orchestre qu’est l’auteur – et parfois leur façon de s’exprimer, sinon leurs tics de langage ou des accents gravés dans l’imaginaire commun.

Avec Jafar Panahi, télépathie, une question politique assez grave est abordée sous l’angle de l’humour, faisant référence à l’assignation à résidence signifiée au cinéaste iranien par le gouvernement des mollahs en place à Téhéran et l’ayant empêché de voyager librement dans le monde – on se souvient de son siège vide au Festival de Cannes, où il devait faire partie du jury, en 2010. Ce court métrage en reprend directement le motif et voit s’exprimer, autour de cette absence, des artistes/penseurs tels que Godard, Duras ou Truffaut – et d’autres, plus inattendus et aux apparitions assez tordantes. Mais l’esprit du Septième Art n’est-il pas multiple et contrasté, même passé au prisme de la télépathie ?

Scénario Vincent Barrot Interprétation Vincent Barrot Production Cinémamecque
L’Extra Court

 


  • Je suis une ouvrière devant les séances de Rebelles et Jeune bergère

    Quatre femmes fabriquent, travaillent, soupirent, quand soudain l’une d’entre elles fait le geste qui surprend. Inspiré d’ouvrières qui ont lutté pour leurs emplois à Yssingeaux.

Au début de l’année 2012, une décision du Tribunal de Commerce de Lyon jetait à la rue deux cent cinquante-cinq salariées de l’usine de lingerie Lejaby d’Yssingeaux, en Haute-Loire. Un désastre économique devenu hélas monnaie courante en cette ère de désindustrialisation génératrice de drames humains. L’artiste franco-belge Claudine Van Beneden, connue pour son approche engagée au théâtre, a choisi de s’y intéresser, rendant hommage à la lutte de ces ouvrières aux emplois menacés et à l’avenir assombri.

Son film, Je suis une ouvrière, a été conçu dans le cadre du Nikon Film Festival en 2016 et contraste singulièrement avec le tout-venant de cette production. Entre chorégraphie filmique, dispositif de performance et expérimentation sonore jouant sur des onomatopées et des répétitions, ce film de cent vingt secondes redonne le respect qui leur est dû à ces victimes de la mondialisation sans visage. Et de la noblesse à un milieu ouvrier dont est issue la réalisatrice, originaire de Charleroi, et qui restitue à travers un dispositif dépouillé l’absurde dureté du travail en atelier et de ses gestes répétés à l’infini. “En gros…

Scénario Claudine Van Beneden Interprétation Angeline Bouille, Salomé Marquès, Barbara Galtier, Claudine Van Beneden Production Compagnie Nosferatu
L’Extra Court