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Publié le 13/11/2019 - court-métrage

Du 13 au 19 novembre 2019

L’île d’Irène et Les Indes galantes, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 13 au 19 novembre 2019.

 

  • L’île d’Irène devant les séances de Tout est possible, Pour Sama et Chanson douce

    Dans l’espace paisible d’une maison, les Domovoï passent leurs journées à prendre soin d’Irène, une vieille dame figée au milieu de son lit.

Issue de l’école de La Poudrière de Bourg-lès-Valence, cette fantaisie de quatre minutes est l’œuvre du réalisateur belge Hippolyte Cupillard, déjà coauteur du Petit pirate, et auteur en solo d’Ambioln’vpr (2017). Le goût de l’enfance du premier cède le pas ici, comme dans le second, à un univers plus singulier, où la fable et le fantastique se donnent allègrement la main.

Au-delà de son traitement fantasmagorique, le film rejoint plusieurs préoccupations actuelles. Le vieillissement de la population et la question du mode de vie des seniors dépendants nourrissent en effet de nombreuses réflexions. Ici, une équipe prend soin d’une femme vieillissante et alitée chez elle, assurant un travail d’accompagnement vers la fin de vie, au centre de nombreux débats du moment. Autre réalité, un dérèglement climatique apparaît en cours de récit. Une inondation géante se répand ainsi dans la maison, avant de gagner tout le paysage alentour…

La technique du dessin sur papier transcende en toute simplicité cette histoire fluide d’une cohabitation bienveillante entre la vieille dame invalide et les mini bonshommes, dans leur villa silencieuse. Les “domovoï” sont à l’origine des créations de la mythologie slave, notamment présentes dans les contes populaires russes. Ce esprits protecteurs du foyer, petits, poilus et barbus, vivent… derrière les fours !

Scénario Hippolyte Cupillard Musique Gérard Franck Production La Poudrière
L’Extra Court

 


  • Les Indes galantes devant les séances de Hors normes

    Le “krump” est une danse née dans les ghettos noirs de Los Angeles après les émeutes de 1995. Clément Cogitore, à travers cette performance filmée sur le plateau de l’Opéra Bastille, crée une “battle” entre la culture urbaine et la musique de Rameau.

À la fois cinéaste et artiste contemporain, Clément Cogitore ne cesse de surprendre, relevant des défis à chaque fois très différents, depuis un premier long métrage de fiction tourné aux confins de l’Afghanistan en guerre (Ni le ciel ni la terre, 2015) à un moyen métrage documentaire entraînant dans un coin perdu de Sibérie (Braguino, 2017). Les Indes galantes est sa réponse à une carte blanche offerte par 3e Scène, l’espace numérique de l’Opéra de Paris, pour réunir en un maelström de musique, de danse et d’émotion deux époques et deux styles artistiques éloignés. La musique de l’opéra-ballet de Jean-Philippe Rameau, composé en 1735, rencontre l’une des formes d’expression les plus dynamiques de la danse de rue contemporaine, le “krump”.

Dépassant de très haut la simple captation, le film repose sur une mise en scène sophistiquée, alternant moments d’improvisation chorégraphique et mouvements dûment répétés en amont, pour un crescendo intense et galvanisant, d’une stupéfiante beauté formelle. Le public du plus grand festival de courts métrages au monde, celui de Clermont-Ferrand, ne s’y est pas trompé, lui attribuant son Prix en février 2018.

Scénario Clément Cogitore Musique Jean-Philippe Rameau Interprétation Madrootz/Monsta Ny Madness, Real Underground/X2 Buck, Strange Bangers Production Les Films Pelléas
L’Extra Court