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Publié le 16/01/2019 - court-métrage

Du 16 au 22 jan. 2019

L’homme à la petite tête et Chaud lapin, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 16 au 22 janvier 2019.

 

  • Chaud lapin devant les séances de Doubles vies

    Une banale histoire d’amour.

C’est une grande tradition française que de trousser contes et fables en recourant au mode de l’anthropomorphisation, depuis Le roman de Renart puis les Fables de La Fontaine. Six étudiants de la très performante école Supinfocom d’Arles, devenue plus récemment le MOPA, ont repris à leur compte le procédé en concevant tout en images de synthèses les trois protagonistes de Chaud lapin. Des têtes animales sont vissées sur des corps humains, habillés et plongés dans un quotidien qui n’a rien à voir avec la basse-cour ou la forêt. Monsieur Sanglier, à l’énorme tête, et son épouse Madame Serpent, aux yeux plissés et intenses, reçoivent Monsieur Lapin, qui est donc très chaud et honore la maîtresse de maison d’une façon peu conforme aux bons usages ! Le rythme du film entraîne le spectateur, les gags s’enchaînent et la théorie du chaos s’enclenche, annoncée par les objets contondants présents dans l’appartement du couple et une cartouche pour gros gibier tombant de la sacoche de l’invité.

L’incroyable précision des détails – les pelages des mammifères comme les écailles du reptile – a fait le succès du film, comme sa paillardise assumée, le chaud lapin se jetant sur sa maîtresse dès la porte franchie et que le mari a le dos tourné vers sa maquette de bateau, visiblement un hobby très prenant… La chute du film, aussi culinaire qu’amorale, ajoute de la saveur à un conte des plus irrespectueux, donc forcément délectable.

Scénario Flora Andrivon, Soline Bejuy, Maël Berreur Musique Michel Casabianca, Nicolas Folmer Production Supinfocom Arles
L’Extra Court

 


  • L’homme à la petite tête devant les séances de Border, L’incroyable histoire du facteur cheval et Bienvenue à Marwen

    Un homme a honte de sa petite tête et rêve d’en avoir une aussi grosse que celle des autres.

Le thème de la différence est souvent abordé par le cinéma d’animation et c’est celui que Ninon Bernard a choisi de développer dans L’homme à la petite tête, son film de fin d’études de l’Institut Sainte-Geneviève, établissement parisien privé formant aux métiers d’art et du design. À travers l’aventure d’un bonhomme dont les formes rondes évoquent un graphisme volontiers enfantin, elle affirme pourtant un vrai trait d’artiste, dans un camaïeu de gris. Surtout, cette toute jeune réalisatrice y égratigne cette maladie des sociétés occidentales de vouloir ressembler aux autres, se conformer à la norme, se débarrasser de sa singularité.

Son regard est plein d’ironie, puisque la mode évolue si vite que le désir de conformité peut être précisément contrecarré et ce qui était ringard hier devient “hype” aujourd’hui ! La clé du problème est même envisagée de façon caustique, ce qui surprend dans un univers en apparence si doux, puisqu’il est question, à tous les sens du terme, de “grosse tête” et de petite – donc pas assez pleine ? Ninon Bernard, elle, a transformé l’essai en intégrant la très prisée EMCA d’Angoulême.

Scénario Ninon Bernard Musique Antoine Duchêne Production Institut Sainte-Geneviève
L’Extra Court