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Publié le 17/07/2019 - court-métrage

Du 17 au 23 juillet 2019

Turbopera et Les barbares, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 17 au 23 juillet 2019.

 

  • Turbopera devant les séances de Yuli et Roxanne

    Dans une poissonnerie, une fois la nuit tombée, deux solistes interprètent avec une grande émotion La Traviata de Verdi, nous offrant une chorégraphie des plus chics.

Giuseppe Verdi lui-même n’en reviendrait pas ! Voir ainsi le livret de son célébrissime opéra La Traviata interprété par… des poissons ! Par la grâce d’une animation numérique 3D ultra sophistiquée, un mérou ténor et une sole soprano se produisent en effet, fièrement, devant une audience à nageoires et branchies médusée…

Turbopéra n’est pas, comme on pourrait le penser, un film d’école à proprement parler, mais une œuvre courte – deux minutes, générique compris, on a vraiment enclenché le “turbo”… – élaborée par un quatuor de jeunes animateurs dans un cadre de stage. La drôlerie de la situation et la qualité des textures transmises à l’image (avec des reflets sur les écailles des aquatiques héros !) sont jubilatoires, d’autant qu’une chute nous transfère en un clignement d’œil (globuleux) d’une salle de concert cossue à un lieu beaucoup plus trivial, la musique passant alors en mode diégétique, selon une clé d’analyse bien connu des étudiants en cinéma. L’ironie est totale, d’autant que l’extrait choisi, le célèbre “Brindisi”, appartenant au premier acte de l’opéra de Verdi, exalte en réalité… la joie de vivre ! Le dénouement n’en est que plus savoureux, et sans aucune arête en travers du gosier…

Scénario Fabien Meyran Production Eddy Production
L’Extra Court

 


  • Les barbares devant les séances de Alice et le maire

    Nous, plèbe ; nous, barbares…

C’est en 2003 que Jean-Gabriel Périot avait été vraiment découvert au fil des festivals, à travers We Are Winning, Don’t Forget. Un film expérimental choc, composé sur une base de plusieurs centaines photographies montées en un rythme très rapide, au tempo d’une composition de musique électronique participant à donner tout son sens au geste artistique, aussi insoumis et engagé que son réalisateur l’était et qu’il l’est resté.

Quelques années et plusieurs films marquants sont en effet passés et Les barbares est venu, en nouveau brûlot, creuser en 2010 ce sillon. Cette fois, “JGP” – comme on dit “JLG ! – a sensiblement modifié son approche graphique, traitant son matériel photographique selon d’autres procédés de montage, d’incrustation et presque de découpe. Toujours calé sur la musique exploitée, ce tourbillon d’images crée un discours politique fort, partant de vues officielles des “grands de ce monde”, réunis au sein des sommets internationaux, pour se diriger peu à peu vers des anonymes et, encore plus loin, des figures de rébellion, de manifestations et d’embrasement de la rue évoquant l’ombre d’une construction sociale inepte accélérant toutes les inégalités. Le contexte de 2018-2019 résonne tout particulièrement dans ce message revendiqué, où la source de la barbarie, au XXIe siècle, n’est sans doute pas celle que l’on pourrait croire de prime abord.

Scénario Jean-Gabriel Périot Musique Xavier Thibault Production Sacrebleu Productions
L’Extra Court