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Publié le 19/02/2020 - court-métrage

Du 19 au 25 février 2020

Rêve d’enfant et Les barbares, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 19 au 25 février 2020.

 

  • Rêve d’enfant devant les séances de Adam et Deux

    Des péniches qui volent, de l’eau qui prend soudain forme humaine et une pluie qui laisse des flaques si profondes que l’on pourrait s’y noyer… Est-ce seulement un rêve d’enfant ?

Rêve d’enfant s’inscrit à l’intérieur de toute une veine du cinéma d’animation contemporain qui ne s’adresse guère au jeune public, paradoxalement au vu de son titre, mais plutôt aux adultes, cultivant avant tout la poésie et le mystère, en tissant par touches une toile de fond dramatique se dérobant le plus souvent aux certitudes du spectateur.

Film d’ambiance et de sensations avant tout, l’œuvre s’appuie sur un graphisme délicat, imaginé par Gilles Cuvelier (Chahut, Love Patate) et dont la palette chromatique, entre ocres, gris et sépias, restitue et suscite une profonde mélancolie. Le rêve se mue même au final en cauchemar et on cerne petit à petit une solitude immense, consécutive à une probable tragédie imposée par les aléas de l’existence. Le travail sonore et musical est remarquable, ce qui n’étonne guère de la part d’un artiste ayant travaillé sur le sujet lors de la scénographie d’expositions internationales. Il semble que celui-ci travaille actuellement sur une adaptation au cinéma du roman graphique L’ascension du haut-mal de David B., ce qui n’est pas sans cohérence en regard de ce Rêve d’enfant.

Scénario Christophe Gérard Musique Pierre Caillet Interprétation Dany Draps, Anton Impedovo, Eliette Meert, Emmanuelle Meert, Lune Meert Production Papy3D productions, Studio Train Train, Pictanovio
L’Extra Court

 


  • Les babares devant les séances de Lettre à Franco

    Nous, plèbe ; nous, barbares…

OC’est en 2003 que Jean-Gabriel Périot avait été vraiment découvert au fil des festivals, à travers We Are Winning, Don’t Forget. Un film expérimental choc, composé sur une base de plusieurs centaines photographies montées en un rythme très rapide, au tempo d’une composition de musique électronique participant à donner tout son sens au geste artistique, aussi insoumis et engagé que son réalisateur l’était et qu’il l’est resté.

Quelques années et plusieurs films marquants sont en effet passés et Les barbares est venu, en nouveau brûlot, creuser en 2010 ce sillon. Cette fois, “JGP” – comme on dit “JLG ! – a sensiblement modifié son approche graphique, traitant son matériel photographique selon d’autres procédés de montage, d’incrustation et presque de découpe. Toujours calé sur la musique exploitée, ce tourbillon d’images crée un discours politique fort, partant de vues officielles des “grands de ce monde”, réunis au sein des sommets internationaux, pour se diriger peu à peu vers des anonymes et, encore plus loin, des figures de rébellion, de manifestations et d’embrasement de la rue évoquant l’ombre d’une construction sociale inepte accélérant toutes les inégalités.
Le contexte de 2018-2019 résonne tout particulièrement dans ce message revendiqué, où la source de la barbarie, au XXIe siècle, n’est sans doute pas celle que l’on pourrait croire de prime abord.

Scénario Jean-Gabriel Périot Musique Xavier Thibault Production Sacrebleu Productions
L’Extra Court