Retour
Publié le 19/06/2019 - court-métrage

Du 19 au 25 juin 2019

Le chaudron infernal et Quand j’ai remplacé Camilledeux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 19 au 25 juin 2019.

 

  • Le chaudron infernal devant les séances de Le daim et Tolkien

    Le démon Belphégor, qui est l’exécuteur des basses œuvres de l’Enfer, fait brûler dans son chaudron infernal trois malheureuses victimes dont les fantômes s’élèvent dans les airs, puis disparaissent. Le démon se jette ensuite lui-même dans son chaudron.

Le chaudron infernal a été réalisé en 1903 dans ces studios de Montreuil d’où sortirent alors tant de féeries. Là, ce magicien de l’image – dont la postérité demeure considérable – travaillait en prises de vues réelles (et en caméra fixe posée selon le “point de vue du monsieur de l’orchestre” décrit par le grand historien du cinéma Georges Sadoul), avec moult acteurs costumés et décors peints. Les trucages et les colorisations de pellicule (au pinceau !) entraînaient ensuite dans un monde d’enchantement et de poésie inégalés.
La diabolique tonicité de cet épisode, où des démons verdâtres envoient ad patres d’innocentes victimes bien roses, l’a également installé dans les annales grâce à l’impression toujours vivace de fantômes planant dans les airs à la fin de cette bande d’une minute quarante-cinq qui évoquant les premières photographies et un univers gothique toujours fascinant. Plus d’un siècle après sa période de grande activité, achevée en 1913, Méliès est toujours vivant… Plus que jamais !

Production Star Film
L’Extra Court

 


  • Quand j’ai remplacé Camille devant les séances de Nevada et Dieu existe, son nom est Petrunya

    Laure vient juste de remplacer la nageuse décédée d’une équipe de natation relais. Mais la compétition est toute proche et Laure n’a toujours pas le niveau pour que l’équipe se qualifie : dans ce climat de deuil et de tension sportive, l’ancienne nageuse l’obsède.

L’atmosphère comme l’esthétique évoquent d’emblée le roman graphique, ce nouveau territoire de la BD ayant déjà donné tant de réussites. Une certaine gravité impulse en outre la narration, qui tourne autour d’une absente et d’un deuil : Camille a disparu et Laure la remplace au sein d’un relais de natation comptant sur elle pour sa prochaine compétition. Mais Laure est moins douée, moins véloce que Camille, malgré ses efforts, et elle en souffre, deux de ses collègues ne se gênant pas pour le lui signifier…

Émanant de l’école des Gobelins, cette belle animation 2D joue au mieux de ses contrastes chromatiques pour saisir ce moment d’extrême perturbation de son héroïne, Laure, qui est très loin de rivaliser avec l’illustre athlète dont elle porte le prénom (Laure Manaudou, donc, tandis que celui de la disparue est sans doute une manière de rendre hommage au tragique destin de Camille Muffat…). Aux bleutés et verts d’eau de la réalité répondent les rouges feu et sang de la chevelure du fantôme, une dimension fantasmatique s’invitant dans l’aventure, comme pour signifier un impossible passage de témoin. Sauf si l’éternelle volonté humaine s’attache à déplacer des montagnes, un motif cinématographique décidément inaltérable…

Scénario Leïla Courtillon Musique Arthur Dairaine Interprétation Leïla Courtillon, Rémy Clarke, Nathan Otano Production Gobelins, l’école de l’image
L’Extra Court