Retour
Publié le 02/01/2019 - court-métrage

Du 2 au 8 jan. 2019

Hybrids et Ama, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 2 au 8 janvier 2019.

 

  • Hybrids devant les séances d’Utoya, 22 juillet et A bout des doigts

    Lorsque la faune sous-marine doit s’adapter à une pollution environnante, c’est toute la chaîne alimentaire qui évolue…

Le MoPA n’est pas pour rien présenté comme “l’école de la 3D” et ce sont souvent d’époustouflants exercices visuels qui en émanent, conduisant leurs réalisateurs encore en apprentissage vers les sommets des festivals, sinon plus haut encore… Hybrids, signé de quatre garçons et une fille, fait partie de ces films-phénomènes et se voit d’ores et déjà présélectionné à l’Oscar 2019 du court métrage d’animation après avoir écumé des manifestations de tous les continents – de la Corée du Sud à l’Ukraine, des États-Unis au Japon, en passant par les grands classiques européens (Annecy, Clermont-Ferrand, Bruxelles, Genève, Uppsala).

Par la grâce de son bestiaire inouï, qui amène parfois même à douter qu’on ne se trouve pas devant des prises de vues réelles, mais aussi de son message sous-jacent, éminemment écologique et peut-être, hélas, symboliquement visionnaire. Les effets en chaîne de la pollution galopante n’étant pas toujours très précisément mesurés par les “grands” de ce monde, l’équilibre naturel des chaînes alimentaires s’en trouverait possiblement perturbé… Les trouvailles visuelles pullulent et un vrai tempo de film à suspense emporte le spectateur, quel que soit son âge.

Scénario Florian Brauch, Mathieu Pujol, Kim Thailhades Musique Vincent Govindin Production École Mopa
L’Extra Court

 


  • Ama devant les séances d’Une femme d’exception, L’incroyable histoire du facteur cheval et Maya

    Au Japon dans les années 50, une jeune américaine visite un village avec son mari militaire et un groupe d’amis. Prise d’admiration pour le paysage, elle se détache du groupe, elle fait la connaissance de Namiko, une jeune pêcheuse “ama”.

Le titre de ce film d’animation issu de la promotion 2015 de la très performante école des Gobelins renvoie à ces femmes plongeuses, emblématiques de l’archipel nippon, descendant nues et en apnée dans les fonds marins afin d’y pêcher algues, ormeaux ou huîtres perlières. En voie de raréfaction aujourd’hui, elles étaient encore 70 000 dans les années 1950, au moment où prend place l’action du film.

L’époque n’est pas anodine, moins de dix ans après la défaite du Japon impérial suite aux lâchers de bombes atomiques par les États-Unis. Et c’est justement une Américaine, épouse d’un soldat que l’on suppose appartenir à des forces d’occupation, qui est l’héroïne de l’épisode, une rencontre avec une jeune “ama” qui apparaît immédiatement en contraste absolu avec sa propre image. Son agilité et sa nudité tranchent avec la pudique réserve de l’Occidentale, qui en est d’abord presque gênée, mais imagine se laisser elle-aussi aller au plaisir de se dévêtir et s’immerger dans les vagues. La superbe animation concoctée, mêlant à l’esthétique traditionnelle du dessin animé la modernité d’un rendu digital 2D, apporte une évanescente poésie à cette tranche de vie où un hasard prend valeur de révélation et d’éveil individuel.

Scénario Emilie Almeida, Liang Huang, Kemari Mansoureh Musique Julien Giraudet Interprétation Julien Giraudet Production Gobelins, l’école de l’image
L’Extra Court