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Publié le 20/02/2019 - court-métrage

Du 20 au 26 fév. 2019

Le jardin de minuit et Un grand soir, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 20 au 26 février 2019.

 

  • Le jardin de minuit devant les séances de Grâce à Dieu et Si Beale Street pouvait parler

    La lune brille, un jeune couple joue dans la forêt. Leur jeu les entraîne vers un jardin inconnu, au milieu d’une clairière. Inconscients du danger, les jeunes amoureux s’enfoncent dans les méandres du jardin de minuit. Peu à peu submergés par un charme envoûtant, ils s’égarent dans l’étrange labyrinthe. Parviendront-ils à rompre l’enchantement qui les retient prisonniers ?

Après avoir connu un ample succès, nombre de créateurs d’animation s’échinent à enchaîner avec une œuvre radicalement différente, dans le style graphique comme sur le fond, l’histoire, la forme de récit… C’est le cas de Benoît Chieux, personnalité proche de la nébuleuse Folimage qui, suite à la belle carrière du chantant Tigres à la queue leu leu, choisit de rebondir avec un film sans dialogues, poétique et mystérieux : Le jardin de minuit. Le titre fait remonter à la mémoire, plus ou moins consciemment, celui d’un film parmi les plus secrets de Clint Eastwood, Minuit dans le jardin du bien et du mal, et cette dichotomie existentielle imprègne en effet la trépidante aventure narrée. Nus comme des vers, évoluant dans un environnement au cachet volontiers paradisiaque, un couple tente d’échapper à un félin chaperon susceptible d’évoquer diverses divinités. Pour autant, la métaphore s’affranchit de symboles trop pesants, préférant faire intervenir un petit peuple de créatures surréalistes aux belles transparences pastel.

L’enchantement est total, même lorsqu’il se nimbe d’inquiétude. La réussite méritait bien en 2018 une nomination au César du court métrage d’animation, la deuxième pour Benoît Chieux après celle de ses Tigres… en 2016. Une trajectoire en pleine ascension, donc…

Scénario Benoît Chieux Musique Valentin Portron, Marceau Portron Production Sacrebleu Productions
L’Extra Court

 


  • Un grand soir devant les séances de Tout ce qu’il me reste de la révolution et La Chute de l’Empire américain

    Simon raccompagne à la porte ses vieux amis après le dîner. Sauf Claire. L’occasion de se souvenir de leur amour passé. Mais Claire a trente ans de moins que Simon.

Un grand soir est la première réalisation de la jeune comédienne Judith Davis, vue notamment au cinéma dans Je te mangerais de Sophie Laloy (2008), mais aussi au théâtre et à la télévision. Le titre de son film évoque les rêves révolutionnaires de générations de militants progressistes, qui culminèrent à l’époque de mai 1968, et ce sont justement des acteurs de ces temps enivrants qui sont mis en scène par la séquence d’ouverture. De vieux camarades se sont retrouvés après plusieurs années d’éclipse, le temps a filé et tout a changé, excepté le monde que le Grand soir devait justement bouleverser…

Après le départ de ses invités, Simon semble avoir une sensation mitigée de ces retrouvailles et s’en ouvre à Claire, son ancien amour. Alors resurgissent les fantômes du passé et de cette parenthèse enchantée que fut l’après-1968, réservant une surprise de taille au spectateur… Mais ce film à chute n’en est pas intrinsèquement un et il ravive surtout avec mélancolie la flamme des mouvements revendicatifs d’hier, dont l’héritage vit encore, n’en déplaise à certains hérauts de la réaction…

Scénario Judith Davis Interprétation Simon Bakhoude, Dumas Claire, Claire Dumas, Geneviève Gutierrez Production Agat films & Cie
L’Extra Court