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Publié le 20/03/2019 - court-métrage

Du 20 au 26 mars 2019

Love, He Said et Vaysha, L’aveugledeux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 20 au 26 mars 2019.

 

  • Love, He Said devant les séances de Dernier amour et Mon XXème siècle

    1973 – San Francisco, Charles Bukowski, poète underground et punk avant l’heure, lit son poème LOVE devant une salle déchaînée venue pour assister au spectacle des provocations du poète trash… et pourtant ce jour-là ce n’est pas un punk qui apparaît mais un homme brisé et affamé d’amour.

Déjà auteur de plusieurs courts métrages d’animation remarqués, Inès Sedan, née en Argentine, fait preuve d’un cran d’ambition supplémentaire avec Love, He Said, dont le personnage principal est l’un des monstres de la littérature américaine du XXe siècle, le très culte et insoumis Charles Bukowski. Loin d’un « biopic », l’artiste propose un bref épisode de sa vie publique, lorsque, un jour de 1973 à San Francisco, devant lire un poème intitulé Love à un parterre d’aficionados, il montrait un visage d’une humanité inhabituelle, très loin des provocations trash ayant posé sa légende. La poésie et l’émotion de la scène se voient accrues par la grâce de la technique employée, à savoir une peinture animée s’appuyant sur un procédé de rotoscopie. Visuellement saisissant, donnant une picturalité toute spéciale au visage mangé de barbe du grand écrivain, le film prend la forme d’un geste artistique jazzy et débordant de liberté, comme la captation d’un moment suspendu et rare. Les sélectionneurs de festivals de 2018 ne s’y trompent pas, se pressant de montrer le film d’Annecy à Zagreb, en passant par Cracovie, Guanajuato ou Wiesbaden. La haute figure de Bukowski se joue de toutes frontières ; l’anim’ de même !

Scénario Inès Sedan Musique Julien Divisia Interprétation Charles Bukowski Production Lardux films
L’Extra Court

 


  • Vaysha, L’aveugle devant les séances de Les Témoins de Lendsdorf et Alita : Battle Angel

    Vaysha n’est pas une jeune fille comme les autres, elle est née avec un œil vert et l’autre marron. Ses yeux vairons ne sont pas l’unique caractéristique de son regard. Elle ne voit que le passé de l’œil gauche et le futur de l’œil droit.

Nommé à l’Oscar du court métrage d’animation en 2017, Vaysha, l’aveugle constitue un nouveau sommet dans l’œuvre de Theodore Ushev, artiste d’origine bulgare installé au Canada, après Les journaux de Lipsett et Rossignols en décembre notamment.

Suscitant l’admiration dans les festivals partout à travers le monde, cette adaptation d’une nouvelle signée Georgi Gospodinov, compatriote du réalisateur, fascine tant par sa forme graphique, belle et singulière, que par ses fulgurances philosophiques, sinon métaphysiques. C’est sur le mode du conte qu’est développée l’histoire de la jeune Vaysha, dont les yeux ne voient pas le présent, mais le passé pour l’un et l’avenir pour l’autre. Le symbole est puissant de ne pouvoir visualiser l’instant, même avec les yeux ouverts, avec tout ce que cela peut supposer d’inadaptation sociale, de méfiances d’autrui et d’incapacité à construire sa propre vie, matérielle ou affective. La musique majestueuse de Purcell, volontiers “kubrickienne”, achève de donner au film une dimension supérieure évidente, celle d’un chef-d’œuvre absolu.

Interprétation Caroline Dhavernas Production Office national du film du Canada
L’Extra Court