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Publié le 23/01/2019 - court-métrage

Du 23 au 29 jan. 2019

Hors saison et Carousel, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 23 au 29 janvier 2019.

 

  • Hors saison devant les séances de La mule et Hyènes

    Jude, “park ranger” fatiguée, peine à trouver sa place dans son équipe. Déterminée à prouver sa valeur, elle découvre un endroit du parc où elle se trouvera plus seule que jamais.

Le quatuor d’élèves des Gobelins ayant signé Hors saison – Lucas Durkheim, Nicolas Capitaine, Céline Desoutter et Léni Marotte – connaît de toute évidence le cinéma américain contemporain sur le bout des doigts. Dans ce film d’école sélectionné à Annecy, Bruxelles ou encore Zagreb, la policière mise en scène – plus précisément une “park ranger”, que l’on devine officier dans un coin paumé du Montana ou du Wyoming – évoque en effet d’autres femmes flics, vues chez les frères Coen, par exemple. C’est cette dimension référentielle assumée qui provoque le premier plaisir de spectateur de ce récit bref, mais dense, rondement mené et savamment découpé, dans ces grands espaces de l’ouest américain forestier à qui l’animation 2D donne tout son inquiétant mystère. Au cœur désolé du pays-continent sont parfois dissimulées ses extrêmes monstruosités, ce que représentent ici parfaitement des “rednecks” frustes et violents, cousins directs de ceux des classiques de l’épouvante des années 1970.

À la tradition hollywoodienne les réalisateurs n’empruntent pas, en revanche, le passage obligé du happy end et la malheureuse Jude, aussi choquée qu’exténuée, paiera le prix d’un tribut sacrément lourd. Rude saison, décidément…

Scénario Lucas Durkheim, Nicolas Capitaine, Céline Desoutter Musique Antoine Duchêne Interprétation Lucas Durkheim, Nicolas Capitaine, Céline Desoutter, Léni Marotte Production Gobelins, l’école de l’image
L’Extra Court

 


  • Carousel devant les séances de Continuer, Edmond et Asako

    Un homme transmet sa sagesse à une adolescente, avec des résultats inattendus.

Présenté en 2016 dans la section “Génération” du festival de Berlin, Carousel est réalisé par un acteur canadien s’étant dirigé vers l’écriture et la réalisation. Il s’appuie sur un dispositif des plus simples : deux personnages face à face dans une rue anonyme, cadrés en plan rapprochés. D’abord le plus âgé des deux, qui se lance dans une tirade au langage châtié, entreprenant visiblement de livrer à son interlocutrice, une jeune fille métisse, des enseignements pour la vie, qui l’aideront sans doute, pense-t-il…

La narration bascule alors qu’il lui demande de répéter ce qu’il a dit, requête absurde – croit-il même que cela soit possible ? – mais qui débouche sur un surprenant effet-miroir, la jeune fille se lançant à son tour dans le monologue et, avec sa propre diction et des intonations différentes, tire les larmes de son aîné, supposé plus expérimenté et aux allures de dur à cuire… Après quoi c’est le spectateur lui-même qui sera, par la grâce d’un regard-caméra désarmant, interpellé. Le film est aussi séduisant qu’énigmatique, métaphore de la transmission, du métier d’acteur ou même d’un lien familial, puisque c’est l’un des comédiens écossais du cultissime Trainspotting, Ewen Bremner, qui donne la réplique à sa propre fille de dix-sept ans.

Scénario Kal Weber Interprétation Ewen Bremmer, Rose Bremmer, Harmony Production Parlour Films Ltd
L’Extra Court