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Publié le 25/12/2019 - court-métrage

Du 25 au 31 décembre 2019

Selfies et Diagnostic, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 25 au 31 décembre 2019.

 

  • Selfies devant les séances de Selfie, La vérité et Talking About Trees

    Un feu d’artifice d’autoportraits où des centaines de selfies idylliques, affligeants ou terriblement inquiétants sont agencés en un court métrage à la singulière composition. Artistiquement retravaillées, les photos individuelles se fondent en un terrifiant rictus qui éclaire l’abîme de l’existence humaine.

Le réalisateur suisse Claudius Gentinetta a écrit, produit, dessiné, filmé et monté cette aventure de trois minutes quarante qui lie avec fluidité les nombreuses postures et situations servant souvent de cadre au selfie. La fixité des photos est ici transcendée par la fluidité du mouvement qui présente, tel un diaporama animé, l’enchaînement de mille et une poses. Le résultat apparaît comme un vrai document sociologique, en même temps qu’une fresque brillante et qu’un reflet drolatique de l’humanité à l’ère 2.0.

Les réseaux sociaux et plateformes de communication sont présents grâce à leurs icônes à initiales, malicieusement utilisés ici pour composer le titre du film au sein du générique. Facebook, Instagram, Explorer, Skype, ou Google, fidèlement ou de manière détournée, apparaissent ainsi conjointement à l’écran. Rappelons que le phénomène mondial sans précédent du selfie a vu sa première utilisation dans la discussion d’un forum internet durant l’année 2002. Et l’autoportrait photographique a connu un essor considérable avec la généralisation des smartphones, permettant de s’immortaliser soi-même instantanément, et des réseaux sociaux, offrant de les diffuser en direct. D’ailleurs, la prise de ces clichés est interdite sur le tapis rouge du Festival de Cannes depuis l’édition 2018, pour cause de “désordre intempestif” !

Scénario Claudius Gentinetta Musique Peter Bräker
L’Extra Court

 


  • Diagnostic devant les séances de Docteur et Le meilleur reste à venir

    Le Dr Semyc est un spécialiste d’une maladie très répandue, pour laquelle il n’existe aucun traitement à ce jour. Annoncer le diagnostic est donc un exercice délicat, qu’il maîtrise cependant à la perfection.

Quelques années avant de s’atteler à son premier long métrage, Joyeuse retraite ! (sortie le 20 novembre 2019), Fabrice Bracq s’adonnait déjà corps et âme à la comédie et s’était emparé d’un implacable constat immortalisé en son temps en chanson par Georges Brassens : “Quand on est con, on est con”. En s’appuyant sur une solide utilisation de champs/contrechamps, il troussait ainsi une comédie jubilatoire, évitant la vulgarité qui pouvait pourtant guetter. Il prenait en effet comme point de départ l’annonce par un médecin d’une maladie incurable, c’est-à-dire ce qui apparaît sans doute comme le moment le plus tragique d’une carrière médicale – énoncer le pire et le définitif –, pour le tourner en dérision, ce qui ne manque pas d’audace.

Les dialogues pétillants comme l’aisance de l’expressif docteur Michel Cymes, haute figure télévisuelle célébrée à de multiples reprises par tous les zappings et bêtisiers du PAF, titillent irrésistiblement les zygomatiques, dans un registre que n’aurait pas renié jadis un Étienne Chatiliez. Le réalisateur se permet même de convier, en cerise sur le gâteau, une inattendue “guest-star”, venue de la politique et faisant ainsi preuve d’une louable auto-ironie. Attention, esclaffements prévisibles !

Scénario Antoine Cupial Musique Grégory Libessart Interprétation Michel Cymes, Arnaud Cosson, Nicole Ferroni, Roselyne Bachelot Production Rusty Production
L’Extra Court