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Publié le 26/12/2018 - court-métrage

Du 26 déc. au 1er jan. 2019

Etreintes, Voyagers et A la française, trois courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 26 décembre 2018 au 1er janvier 2019.

 

  • Etreintes devant les séances de Monsieur et Pupille

    Debout face à la fenêtre ouverte, une femme regarde les nuages noirs qui obscurcissent l’horizon. Immobile, elle lutte contre la remontée de ses souvenirs. Dans les nuages, un corps-à-corps passionné se dessine.

Au sein des techniques convoquées par le cinéma d’animation, l’écran d’épingles apparaît sans doute comme la plus noble, synonyme de délicatesse ultime et de travail titanesque pour enchaîner des formes vibrantes et d’une apparente fragilité, qui semblent se succéder en se fondant les unes dans les autres, comme dans un rêve. L’histoire de la fabrication d’Étreintes est ainsi liée à « l’Épinette », le dernier écran d’épingles construit, en 1977, par le mythique couple formé par Alexandre Alexeïeff et Claire Parker, les auteurs d’Une nuit sur le Mont chauve (1933). Cet écran a été restauré récemment par le CNC et de jeunes créateurs s’y sont confrontés à travers des résidences de quelques semaines.

Justine Vuylsteker y a trouvé le meilleur des modes d’expression pour évoquer un amour enfui et les traces qu’il a laissées dans le cœur et les sens d’une femme restée seule. Debout devant une fenêtre – motif originel qui évoque une tradition de peinture illustrée par exemple par Dali –, l’héroïne se voit replongée, contemplant un ciel empli de nuages, vers un passé aussi heureux qu’intense. Les formes des cumulus se muent en charnels corps-à-corps dont ne subsiste désormais que le souvenir. Quoi de plus profondément humain que la mélancolie ? Étreintes en précise les contours, sur les notes d’orfèvre d’une nouvelle partition pénétrante de Pierre Caillet, après Dans les eaux profondes, Une tête disparaît ou L’ogre.

Scénario Justine Vuylsteker Musique Pierre Caillet Son Olivier Calvert, Jean-Paul Vialard Montage Annie Jean Scripte Justine Vuylsteker Producteurs Rafael Andrea Soatto, Julie Roy Production Offshore
L’Extra Court

 


  • Voyagers devant les séances de Mia et le lion blanc et Rio Grande

    Un tigre, en échappant à son chasseur, se retrouve dans une station spatiale occupée par un astronaute et son poisson…

Rien, décidément, n’est impossible aux valeureux et talentueux étudiants des écoles françaises de cinéma d’animation ! Ainsi, à travers Voyagers, six jeunes pensionnaires du Mopa d’Arles (trois filles et trois garçons, parité parfaite !), se sont crânement lancés vers une aventure spatiale en apesanteur qui ressuscite les péripéties des cartoons classiques, s’enchaînant sur un rythme diabolique et avec une efficacité maximale, s’appuyant sur une absence totale de dialogues.

En plus d’un astronaute, d’autres invités plutôt inhabituels dans le cosmos – dont un tigre jumeau du Shere Khan du Livre de la jungle ou un sympathique poisson rouge dans son bocal – nous entraînent dans une sarabande hilarante, saluée à l’été 2018 du Prix du public du Festival du film court en plein air de Grenoble. Certains gags, irrésistibles, resteront dans les annales et la rondeur du graphisme numérique 3D séduira les spectateurs de tous les âges. Pixar n’a qu’à bien se tenir, la French Touch a encore frappé !

Scénario, réalisation Gauthier Ammeux, Valentine Baillon, Benjamin Chaumény, Alexandre Dumez, Léa Finucci, Marina Roger Musique Kevin Lafort Production École Mopa
L’Extra Court

 


  • A la française devant les séances de L’empereur de Paris

    C’est un après-midi à Versailles, du temps de Louis XIV.

Film d’école du MOPA, établissement issu de Supinfocom Arles et spécialisé dans l’animation 3D, À la Française témoigne de la maîtrise en la matière acquise par son quintet de jeunes étudiants-réalisateurs. Il prend aussi par son titre valeur de signe de reconnaissance de l’excellence des formations à l’animation dans l’Hexagone, reconnue jusque de l’autre côté de l’Atlantique, où le film a, du reste, été remarqué et récompensé.

Il paraît après coup évident de regarder les courtisans du Versailles de 1700 comme des volailles – le Roi-Soleil lui même n’était-il pas, dans le fond, un petit coq ? –, mais il fallait y penser et l’effet est assez irrésistible. La qualité du rendu des décors se marie à une explosion de couleurs pour faire se croiser quelques mini-intrigues gallinacées pas piquées des vers et aboutissant à une pagaille absolue dans le cadre de la Galerie des Glaces. Le tout sur une majestueuse partition de Lully immortalisée au cinéma par Tous les matins du monde d’Alain Corneau.

Scénario, réalisation Morrigane Boyer, Julien Hazebroucq, Ren-Hsien Hsu, Emmanuelle Leleu et William Lorton Production MOPA (Supinfocom Arles)
L’Extra Court