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Publié le 27/11/2019 - court-métrage

Du 27 nov. au 3 déc. 2019

Rhapsody et Le chien au collier électrique, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 27 novembre au 3 décembre 2019.

 

  • Rhapsody devant les séances de Chanson douce et Gloria Mundi

    Un sexagénaire solitaire vit dans un petit appartement au dernier étage d’une tour. Tous les jours, une jeune femme lui confie son bébé, Teo. Un lien naturel et insolite unit ces deux êtres, l’un massif et robuste, l’autre petit et délicat.

Au-delà des frasques et des provocations verbales, Gérard Depardieu reste un monument du cinéma français. Et ce monstre sacré à la fois doux et fou-furieux s’adonne parfois à l’exercice du court métrage. Il l’avait fait une première fois en compagnie de la jeune réalisatrice Constance Meyer avec Franck-Étienne vers la béatitude en 2012 et le duo s’est reformé pour Rhapsody, une histoire d’une harmonie infinie instaurant un lien inattendu entre la masse presque animale de l’acteur et un nourrisson fragile à qui il sert d’insolite nounou.

Visuellement, le contraste est aussi impressionnant qu’attendrissant et la réalisatrice capte à merveille les moments partagés par ces deux-là. Il y a une dimension surnaturelle, au sommet de cette tour tendue vers le ciel, dans une situation retournant l’apparence de banalité, et une vraie poésie émane de la chronique, bénéficiant de celle de ce comédien aux mille et un personnages qu’on a déjà tant aimé(s), et cela continue…

Scénario Constance Meyer Interprétation Gérard Depardieu, Arsene Romeo, Guillaume Nicloux Production Silex Films, Carmen Films
L’Extra Court

 


  • Le chien au collier électrique devant les séances de Oleg, La belle époque, Bertha Boxar et la Cordillère des Andes

    Un chien vivant dans le sous-sol d’un immeuble aperçoit par un vasistas une rue passante. À chaque mouvement extérieur, le chien aboie. Son maître décide de mettre à l’animal un collier qui lui envoie une décharge électrique à chaque fois qu’il se manifeste. Une mouche se rend compte de cet avantage… Dehors, les Martiens attaquent, tandis que Godzilla ravage la ville.

En digne héritier du maître étasunien Bill Plympton, le cinéaste australien d’animation Steve Baker s’amuse comme un petit fou en narrant les aventures d’un canidé subissant une triple peine : solitude, enfermement et collier électrique ! De l’art de la frustration pour une créature vouée à l’aboiement, alors que les tentations sont légion : une mouche dans la pièce ou d’étranges visions qui s’agitent au dehors.

Steve Baker joue avec malice des références réelles et fictionnelles pour construire une gradation de la catastrophe extérieure, dont le chien est le témoin passif et impuissant. Feuille d’arbre tourbillonnant, chat se prélassant, quidam aux faux airs d’Oussama Ben Laden criblé de balles par la police, soucoupes volantes extra-terrestres électrocutant les humains et Godzilla écrasant les passants, se succèdent derrière la vitre de la pièce située en sous-sol.
La technique d’animation employée repose sur du dessin sur papier. Le tremblement de l’image, des traits et des mouvements accentue la nervosité du quadrupède et l’accumulation d’empêchements qui vont le mener vers l’explosion. Un final trash, mais libérateur, qui permet à l’animal d’évoluer enfin librement, hors de toute contingence humaine et terrestre.

Scénario Steven Lance Musique David McCormak Interprétation Gordon Pinsent, Alberta Watson, Patrice Goodman, Robert McCarrol Production Head Pictures
L’Extra Court