Retour
Publié le 30/01/2019 - court-métrage

Du 30 janv. au 5 fév. 2019

The centrifuge brain project et Timber, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 30 janvier au 5 février 2019.

 

  • The centrifuge brain project devant les séances de L’ordre des médecins

    Le Projet de Centrifugeuse Cérébrale est une expérience scientifique initiée dans les années 70. Il s’agit d’un parc d’attractions pour augmenter les capacités cérébrales des gens. Le docteur Laslowicz explique le projet. Il croit que soumettre les gens à une force centrifuge de 20 000 chevaux peut résoudre les problèmes des hommes.

Cette hybridation qui rencontra un franc succès dans les nombreux festivals internationaux où elle fut présentée en 2012, remportant plus de soixante prix à travers le monde (à Annecy, Aspen, Moscou ou Hollywood), constitue un summum d’esprit loufoque et sarcastique. Prenant la forme d’un faux documentaire et soignant par conséquent son apparence formelle, le film entend d’emblée laisser croire qu’il pourrait être absolument “sérieux”.

Sa force et son irrésistible drôlerie tiennent à la perfection des images de synthèse fabriquées par un réalisateur expert ès effets spéciaux, puisqu’à l’intérieur même des images les plus réalistes d’un parc d’attractions, nimbées des sons ambiants qui s’y rattachent, se fondent des créations numériques d’inventions délirantes. Le pastiche est d’autant plus savoureux que le personnage principal, supposé chercheur d’un institut de Floride, nous apparaît placide, en total contraste avec ses extravagantes créations. De quoi nous amener à réfléchir sur la notion même de progrès au sein de nos civilisations, sinon à cette préoccupation majeure de la science actuelle : l’extension des facultés du cerveau humain. Et, au-delà des rires qu’il déclenche immanquablement, c’est sur un plan philosophique que peut être aussi lu cet exercice de haute voltige digitale.

Scénario Till Nowak Musique Siriusmo Interprétation Leslie Barany Production Gerd Gockell Filmproduktion
L’Extra Court

 


  • Timber devant les séances de Yao, In my room et Green book : Sur les routes du sud

    Un groupe de bûches risque de mourir de froid au cours d’une nuit d’hiver glaciale. Lorsqu’elles se rendent compte que, pour se réchauffer, le seul combustible à leur disposition, c’est elles-mêmes, l’affaire sent le roussi.

Quiconque est familier du cinéma d’animation international a déjà vu nombre d’objets ou d’animaux soumis à un traitement anthropomorphique, mais on n’avait encore jamais rencontré de bûches de bois ainsi animées. Immédiatement sympathiques, avec leurs yeux ronds, on les découvre dans la toundra enneigée, alors que la nuit tombe, synonyme d’un froid polaire terrible à affronter. Mais la plaisante bonhommie de la mise en place de Timber cède bientôt à un dilemme cornélien : comment survivre, si ce n’est en sacrifiant un membre du groupe, puisque le salut passe par le combustible, donc le bois ! Un cas de conscience sans échappatoire émerge et le réalisateur choisit d’abord de montrer que la loi du plus fort est appliquée, hélas comme dans tant de tragédies humaines. La loi de l’ordre social, même, le plus fort étant ici le plus robuste, mais on peut penser aussi au plus puissant ou riche…

Dopé par sa remarquable partition originale, ce film d’animation renversera pourtant avec espièglerie son pessimiste constat et parviendra à donner au plus petit sa revanche, restaurant les valeurs de solidarité. Décidément, nous sommes tous des branches en péril !

Scénario Nils Hedinger Musique Tobi Diggelmann Interprétation Tino Mewes, Marleen Lohse, Folke Renken Production Prêt-à-tourner Filmproduktion GmbH, Schweizer Radio und Fernsehen , SRG SSR
L’Extra Court