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Publié le 30/10/2019 - court-métrage

Du 30 oct. au 5 nov. 2019

Guard Dog et Blue, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 30 octobre au 5 novembre 2019.

 

  • Guard Dog devant les séances de Mon chien stupide

    Pourquoi les chiens aboient-ils après des créatures innocentes telles que les pigeons et les écureuils ? Ce film répond à cette question éternelle…

Nommé en 2005 à l’Oscar du meilleur court métrage d’animation, Guard Dog est une pièce maîtresse de l’œuvre foisonnante du trublion Bill Plympton. Celui-ci a décliné par la suite les aventures de son fameux canidé déchaîné dans Guide Dog (2006), Hot Dog (2008), Horn Dog (2009) et Cop Dog (2017). Soixante-dix artistes lui ont même rendu hommage en recréant à leur manière son héros à quatre pattes dans le court Guard Dog Global Jam (2011).

L’auteur de L’impitoyable lune de miel, des Mutants de l’espace et des Amants électriques utilise ici la technique traditionnelle du dessin sur papier. Le crayon de couleur donne vie aux silhouettes, visages et gueules croqués avec un art malicieux de la caricature. Les décors rudimentaires restent fixes ; seules les créatures bougent, par effet de mouvements créés par l’enchaînement des planches. L’imagination débordante du chien-gardien, jusqu’au dernier de ses neurones, lui vaut de fantasmer le pire du pire à chaque rencontre bucolique, le long de la rituelle promenade dans le parc avec son maître. Et chaque apparition est une menace susceptible d’en vouloir à l’homme qui tient la laisse, qui déclenche les aboiements hargneux de la bête : fillette, écureuil, oiseau, sauterelle, taupe, papillon, pâquerette, humain, animal, végétal, tout y passe ! Folie paranoïaque totale…

Musique Hank Bones, Maureen McElheron Production Bill PLympton Productions
L’Extra Court

 


  • Blue devant les séances de Un monde plus grand

    Une femme est éveillée la nuit. À proximité, un ensemble de décors de théâtre se niche, dévoilant deux paysages alternatifs. Sur le drap bleu de la femme, une lueur de lumière reflète et illumine son royaume d’insomnie.

Depuis quelques années, 3e scène, espace de création numérique de l’Opéra de Paris, propose à des réalisateurs – émergents ou confirmés – de réaliser des courts métrages en lien avec l’univers de l’art lyrique, ses protagonistes ou son décorum. Clément Cogitore a ainsi livré ses Indes galantes et Apichatpong Weerasethakul s’est à son tour confronté à l’exercice, en détournant quelque peu la commande en une très personnelle direction. Le lien au thème générique tient surtout chez lui aux panneaux amovibles des fonds de scènes de théâtre, qu’il utilise pour entraîner dans une parenthèse spatiale et temporelle, entre veille et rêve, où un jeu de reflets et de superpositions créent une atmosphère étrange et vite métaphysique, au son lancinant des insectes nocturnes de la forêt. Un feu s’allume et semble consumer le corps d’une vieille femme endormie…

Le lauréat de la Palme d’or du Festival de Cannes 2010, pour Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures), poursuit avec Blue – la couleur de la couverture de la dormeuse – un cinéma de la métaphore, puisque ce film s’inscrit dans une période très particulière de l’histoire et la psyché de son pays d’origine, la Thaïlande, au lendemain de la mort de son roi, Bhumibol, dont la crémation n’intervint qu’après une année de deuil national. Une œuvre aussi politique que poétique, par conséquent.

Scénario Apichatpong Weerasethakul Interprétation Jenjira Pongpas Widne Production Les Films Pelléas
L’Extra Court