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Publié le 04/12/2019 - court-métrage

Du 4 au 10 décembre 2019

Mr. Deer et All Inclusive, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 4 au 10 décembre 2019.

 

  • Mr. Deer devant les séances de Seules les bêtes

    Dans une station de métro délabrée, les gens ont des têtes d’animaux et ont oublié leur humanité.

De la vie des marionnettes… Le réalisateur iranien Mojtaba Mousavi, qui excelle dans l’animation des figurines, livre avec Mr. Deer une nouvelle pépite. En homme-orchestre savant, il écrit, crée ses marionnettes et décors, anime, réalise et monte ses propres films. Ici, une fable d’anticipation d’une durée de neuf minutes, qui témoigne de la violence et de la chute du monde contemporain. Comme dans les bandes dessinées d’Enki Bilal, les êtres humains peuvent avoir des têtes d’animaux et évoluent dans un monde déshumanisé, dans des espaces nihilistes et froids. Ici l’action se déroule dans une rame de métro souterrain, de quais de stations en trains en marche, alors que l’extérieur terrestre semble en proie au chaos.

Le bestiaire mis en scène offre une riche panoplie d’espèces et de créatures à la sauvagerie soudaine, remise au goût du jour quand la situation révèle un présent apocalyptique. Le héros à tête de cerf croise des gueules de bouc, cochon, gorille, chimpanzé, souris, renard, loup, vautour, serpent ou biche. Le travail sur le son enchaîne également les motifs anxiogènes. Pas un dialogue n’est prononcé et les bruits de vie mêlent des souffles à des pleurs de nouveau-né. Des sonorités métalliques rejoignent les chutes de poussière, puis de gravats, et des accords musicaux lancinants et aigus.

Scénario Motjaba Mousavi Musique Shaheed Mostafafar Production Soureh Cinema Org
L’Extra Court

 


  • All Inclusive devant les séances de It must be heaven et Le meilleur reste à venir

    Comment ne pas tomber sous le charme de ce paquebot géant : ici, pas le temps de s’ennuyer ; divertissement assuré 24h/24 ! Pas étonnant que ces forteresses flottantes rencontrent toujours plus de succès.

La Suissesse Corina Schwinruber Ilić est une documentariste au regard incisif. Avec All Inclusive, elle enchaîne une série de plans fixes qui captent le réel et le retranscrivent avec une véracité confondante. Le travail sur la succession des scènes de vie, telles des saynètes, crée par accumulation une sensation d’immersion, jusqu’à l’overdose, par un effet d’étouffement. L’espace est immense, mais regroupe des centaines de personnes, dans un gigantesque habitacle, sorte de résidence en huis clos, monstre des mers mouvant sur les flots.

Le film est construit comme une architecture, avec ses cadrages précis qui mettent en abyme le cadre de la croisière, le graphisme du paquebot, ses lignes, son design, ses étages, plateformes, ascenseur, chambres et balcons. Une symphonie de matériaux blancs et métallisés, au milieu desquels s’agitent les corps humains, notamment vêtus de couleur immaculée pour les soirées à thème.

Le tourisme de masse tient une place importante dans la sphère des loisirs. Clubs, hôtels, séjours, formules “tout compris” – comme l’annonce le titre – rivalisent d’offres, options et tarifs variés pour séduire une clientèle toujours présente. Les fictions prenant pour cadre ce type de vacances tournent souvent autour de la comédie, et des ressorts drolatiques de la cohabitation humaine, déplacée hors de son quotidien. Corina Schwringruber Ilić observe, elle, avec un œil documentaire délibérément contemplatif, entre anthropologie et entomologie.

Scénario Corina Schwingruber Ilić Musique Heidi Happy Production freihändler Filmproduktion GmbH
L’Extra Court