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Publié le 04/03/2020 - court-métrage

Du 4 au 10 mars 2020

Discours de bienvenue de Norman McLaren et Le batteur du Boléro, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 4 au 10 mars 2020.

 

  • Discours de bienvenue de Norman McLaren devant les séances de De Gaulle et La communion

    Film d’animation montrant McLaren qui tente de souhaiter la bienvenue à l’auditoire lors d’un festival de cinéma. Un microphone qui possède sa vie et sa volonté l’en empêche. McLaren finira par animer les objets de façon magique.

La projection de ce court métrage de Norman McLaren est un véritable événement, tant ce prodigieux maître de l’animation a laissé une trace profonde dans l’histoire du cinéma en général. Ses courts métrages des années 1950 et 60 sont, pour beaucoup, des classiques absolus du secteur, une Palme d’or ayant même récompensé Blinkity Blank en 1955. Mais la gravure sur pellicule n’était pas la seule technique dont le Canadien parveint à faire un art : la pixilation en est un autre, s’exprimant avec force et brio dans Voisins, dès 1952, notamment, puis en 1960 à travers ce Discours de bienvenue… qui, avec son microphone pris de folie, déclenche immanquablement les rires des spectateurs de tous les âges et à toutes les époques.

Le sens du burlesque le dispute à une discrète critique du monde de la technologie moderne, volontiers rétive aux desseins de l’homme, comme chez Chaplin ou Tati. La répétition du “Mesdames et messieurs” et de sa version anglaise “Ladies and Gentlemen”, en véritable mantra, enracine l’empêchement inéluctable du pauvre artiste tiré à quatre épingles – McLaren lui-même, comme le titre l’annonce – à remplir sa tâche, condamné à en rester au même point… zéro !

Scénario Norman McLaren Interprétation Norman McLaren Production O.N.F.C
L’Extra Court

 


  • Le batteur du Boléro devant les séances de Judy et La llorona

    A quoi peut bien penser le batteur du boléro de Ravel pendant toute la durée du morceau ? Avec une application infinie, cet homme va frapper ces mêmes coups sans cesse répétés sur la caisse claire qui se trouve devant lui. Seul le batteur nous intéresse, obstinément pendant la durée du Boléro, jusqu’à l’accord final et aux saluts face au public.

La première rencontre du cinéaste Patrice Leconte et de l’acteur Jacques Villeret avait eu lieu pour le long métrage Circulez y’a rien à voir (1983), avec aussi Michel Blanc et Jane Birkin. Tous deux se sont retrouvés avec ce Boléro… tourné en un plan-séquence qui débute face à l’orchestre, avec le chef de dos, avant d’effectuer un travelling latéral jusqu’au batteur, situé au fond sur le côté de l’ensemble musical.

L’acteur est ainsi entouré des véritables instrumentistes de l’Orchestre symphonique de Paris, mené par Laurent Petitgirard, qui exécute 7 minutes 30 du Boléro de Maurice Ravel, cette création mythique du compositeur français, musique de ballet pour orchestre créée en 1928. La mélodie, ultra-connue, repose sur l’uniformité et la répétition, le long d’un lent crescendo, avec des effets variants, jusqu’à un final explosif. Et la gestion de la durée permet à Jacques Villeret de passer d’un masque expressif initial à une série de mimiques et de modulations de parties du visage (regard, sourcils, bouche), au fur et à mesure que le morceau avance. Et la monotonie envahit le corps même de l’interprète, figé et fixé à son siège, répétant inlassablement les mêmes gestes.

Scénario Patrice Leconte Musique Maurice Ravel Interprétation Jacques Villeret Production PAC
L’Extra Court