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Publié le 06/03/2019 - court-métrage

Du 6 au 12 mars 2019

Voisins et Yul et le serpent, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 6 au 12 mars 2019.

 

  • Voisins devant les séances de Le mystère Henri Pick et Nos vies formidables

    Deux voisins s’entendaient parfaitement jusqu’au jour où une fleur eut l’idée saugrenue de pousser exactement à la limite mitoyenne de leurs deux propriétés. À qui la fleur ? C’est ainsi que tout a commencé…

Le Canadien Norman McLaren affirmait dès le début des années 1950, avant de décrocher la Palme d’or au Festival de Cannes pour Blinkity Blank, l’étendue de son génie avec Voisins. En pleine guerre froide, sa parabole était d’une éclatante limpidité, mettant en scène deux individus se ressemblant étrangement et quittant rapidement toute coexistence pacifique pour s’approprier un trésor – une fleur apparue entre leurs maisons, en l’occurrence – et délimiter leur territoire, se provoquer, se bagarrer et entraîner leur monde dans un déluge de violence, d’atrocités et de destructions inéluctables.

Le péril atomique du moment planait sur cet épisode burlesque et au rythme montant en crescendo, au gré d’une habile utilisation du procédé de la pixilation. Le dénouement est édifiant et si le message pacifiste du réalisateur peut ainsi s’épanouir, de véritables audaces visuelles auront marqué sa narration, assez politiquement incorrectes – voir le sort réservé aux femmes et aux enfants par les belligérants. La fable aura malheureusement trouvé de multiples échos au long de la seconde moitié du XXe siècle et bien au-delà, que ce soit en Corée, au Vietnam, en Bosnie, au Rwanda ou en Ukraine.

Scénario Norman McLaren Interprétation Jean-Paul Ladouceur, Grant Munro Production Office national du film du Canada
L’Extra Court

 


  • Yul le serpent devant les séances de Long Way Home et The Raft

    Yùl, treize ans, accompagne son grand frère Dino pour conclure un deal avec Mike, petite frappe accompagnée de son dogue argentin. Alors que la situation tourne mal, un étrange serpent apparaît.

Produit par une société ayant d’abord fait ses preuves dans le domaine de la fiction, Yùl et le serpent a rencontré un succès aussi net que mérité dans les manifestations de l’année 2015, offrant une probante proposition d’animation “adulte” à la structure narrative aboutie et au mélange des genres réussi entre thriller et fantastique. On apprécie la manière dont le film quitte l’assise réaliste dans laquelle il s’enracine tout d’abord, au gré d’un deal entre un petit voyou, accompagné de son frère cadet, et un caïd aussi stupide que susceptible.

L’écriture, qui fait intervenir un serpent coloré et un molosse menaçant, bifurque vers un onirisme où les humiliations seront vengées et où le courage s’affirmera face à la violence bête, ce qui est rarement le cas dans la vie réelle. La forme elle-même de ce film signé d’un ancien élève de la Poudrière assoit sa singularité, à travers le physique pointu de ses héros, proche d’un style de roman graphique. Les teintes à dominantes grises, émaillées de taches de couleurs vives, celles du reptile surtout, participent également à poser l’intensité de cet épisode initiatique pour Yùl, personnage dans lequel le réalisateur avoue avoir placé des éléments autobiographique, hérités de son enfance dans un coin paumé des Alpes provençales.

Scénario Nicolas Peskof, Gabriel Harel Musique Freddy Leclerc Interprétation Didier Michon, Théo Bertrand, David Ribeiro Production Kazak Productions
L’Extra Court