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Publié le 07/08/2019 - court-métrage

Du 7 au 13 août 2019

Untitled 1 et Une longue nuit, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 7 au 13 août 2019.

 

  • Untitled 1 devant les séances de Yuli et Hors normes

    Alors que je marchais le long de la perspective Nevski à Saint-Petersbourg, j’ai vu une jeune fille dansant cette danse âpre, passionnée et séductrice.

Vivant et travaillant à Saint-Pétersbourg, Masha Godovannaya poursuit une œuvre expérimentale qui s’est peu à peu taillée une solide réputation sur ce territoire méconnu du grand public, diffusée notamment par le label Light Cone en France.

Avec Untitled 1, elle se concentre sur une danseuse des rues, croisée au hasard d’une promenade sur l’une des artères les plus emblématiques de sa ville, immortalisée par Gogol, et dont elle filma en super 8 le numéro. Ces images documentaires brutes sont travaillées par un montage incluant des surimpressions d’images présentant d’autres personnages, dont un énigmatique enfant blond.

L’impression est au contraste, entre le rythme et l’énergie du film et une certaine mélancolie qui en émane. La grâce elle-même de la danseuse est ambivalente, la sensualité de ses mouvements correspondant mal à son âge, car c’est après tout encore une fillette, pas encore pubère et pourtant perchée sur des talons d’adulte. Les accents hispanisants de la musique qui porte les images ouvrent des perspectives inattendues, bien loin de l’ombre de la russe orthodoxie de la Cathédrale Notre-Dame de Kazan. Les sensations du spectateur s’en retrouvent très librement subjectives, selon cette parfaite constante promise par le cinéma expérimental.

Scénario Masha Godovannaya Production Light Cone
L’Extra Court

 


  • Une longue nuit devant les séances de The Operative et Sorry We Missed You

    Dans les guerres et les révolutions, les gens sont souvent victimes, parfois héros, mais les femmes, elles, ne connaissent que larmes, souffrance et chagrin. Quoi qu’il arrive, ce sont les femmes qui se sacrifient, mais sans la moindre reconnaissance. Voici l’histoire d’une femme kurde et de ses sacrifices.

Au sein de certaines cinématographies, l’urgence de témoigner imprègne profondément les fictions contemporaines et donne une résonance supplémentaire au destin des personnages. Une longue nuit l’accomplit en entraînant le spectateur dans l’Iran de 1977, à l’intérieur d’un camp de réfugiés kurdes irakiens, où une femme seule avec ses enfants doit affronter l’adversité.

Le motif trouve évidemment des échos directs avec l’actualité la plus brûlante, celle des mouvements de populations et celle des guerres qui ravagent sans cesse ce coin du globe (en ce moment la lutte des “peshmergas” contre l’État islamique). Le parti pris du récit est de s’attacher à la condition féminine menacée, susceptible d’être en permanence malmenée, bafouée, négligée. Comme c’est souvent le cas pour les cinémas du Moyen-Orient, le réalisateur use de symboles marquants (les chaussures posées devant la tente durant la nuit, pour laisser supposer une présence masculine) afin de toucher, en moins d’un quart d’heure, à une authentique densité émotionnelle.

Scénario Kamiran Betasi Musique Nizamatin Ariç Interprétation Rogas Kirichi, Ravo Sharif, Aryan Majeed, Nojen Betasi, Nasradeen Muhammed Production Directorate Of Cinema, Image Nation Abu Dhabi
L’Extra Court