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Publié le 09/01/2019 - court-métrage

Du 9 au 15 jan. 2019

Le sens des choses et L’anguille, la fouine et le vautour, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 9 au 15 janvier 2019.

 

  • Le sens des choses devant les séances de Les Invisibles

    C’est l’histoire d’un cambriolage. Une rencontre aux confluents de l’absurde entre deux solitudes, deux gens de rien.

Les observateurs les plus avisés de la production de court métrage savent que l’allongement des durées est devenue la norme pour les films de fiction et la gageure relevée par Frédéric Radepont avec Le sens des choses, présenté en compétition nationale au Festival de Clermont-Ferrand en 2018, est d’autant plus louable et méritoire tout à la fois. Son récit brasse en effet une richesse de thèmes assez éclatante (la précarité, la dépression, la solitude, etc.), tout en désorientant d’emblée dans un registre de rencontre impromptue qu’on croyait pourtant parfaitement connaître.

Ce qui se dit et se joue entre les personnages prend les chemins de traverse de l’insolite et réserve même des surprises de taille, qui s’affirment en fin de compte sobrement émouvantes. La solennité du titre, d’ailleurs, n’annonce pas forcément l’humour particulier qui se dégage de la situation de départ, mais ses échos se déploient alors dans le huis clos de l’appartement visité par cette jeune cambrioleuse en situation de marginalisation sociale avancée. Le film parle ainsi de notre temps et de ses inégalités croissantes (le synopsis fait référence à l’expression des “gens qui ne sont rien” prononcée en 2017 par un Président en marche), avec une dimension existentielle pénétrante : posséder n’est pas prospérer, que cela soit dit !

Scénario Frédéric Radepont Musique Cédric Sénéchal Interprétation Elsa Foucaud , Guillaume Champeval, Yuliya Antonova Production Les Film(s) du vent
L’Extra Court

 


  • L’anguille, la fouine et le vautour devant les séances d’Edmond

    Autour d’un chêne et d’une rivière à sec, une anguille, une fouine et un vautour se rencontrent, se parlent, mais ne s’entendent guère.

Une constante du cinéma d’animation est de tout naturellement convoquer différents bestiaires pour mieux livrer fables et contes métaphoriques de la condition humaine. Il faut dire que l’anthropomorphisation est un procédé littéraire qui fut maîtrisé dès l’Antiquité, l’œuvre d’Ésope en témoigne. Et le titre même de ce court métrage d’animation au graphisme ambitieux, proche de certains romans graphiques, laisse planer l’ombre de Jean de La Fontaine. Cette fois, pourtant, le trio d’animaux concerné apparaît des plus insolites… On ne croise en effet que rarement ce long poisson à la forme serpentine, ce mammifère à la curiosité passée dans le langage courant et ce charognard de sombre réputation, synonyme de mort et de cruauté…

Une voix off pénétrante relate les complexes interactions entre les trois protagonistes et laisse entrevoir, avec un humour teinté de noir, l’impasse qui se présente à quiconque se montrant incapable d’accepter des compromis. Une telle morale pourrait aussi s’appliquer à la diplomatie internationale, parfois funestement irréfléchie, et les festivals du monde entier l’ont bien senti, le film ayant voyagé de Zagreb à Rio de Janeiro, en passant par Ottawa, Brooklyn, Espinho et tant d’autres.

Scénario Suki, Stéphane Debureau Musique Jean-Philippe Gréau Production Utopi
L’Extra Court