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Publié le 09/10/2019 - court-métrage

Du 9 au 15 octobre 2019

Ces p’tites heures et Dans le vent, deux courts-métrages à découvrir dans vos cinémas du 9 au 15 octobre 2019.

 

  • Ces p’tites heure devant les séances de Chambre 212

    À Paris, une nuit d’été, une femme à sa fenêtre rêve les activités nocturnes de son voisinage.

Confectionné entre les murs de l’école Georges-Méliès d’Orly, Ces p’tites heures est un film d’atmosphère évanescent et délicat, qui plonge dans la moiteur d’une nuit d’été en ville, lorsque chacun vit avec les fenêtres ouvertes afin de profiter d’un peu de fraîcheur nocturne, lorsque le sommeil est particulièrement difficile à trouver. Ainsi, l’héroïne du film, en tenue légère, profite tranquillement de ces “p’tites heures”, celles où la nostalgie saisit le plus aisément, comme l’explique une voix de radio – joliment baptisée Nuits blanches. Observant les fenêtres allumées autour de son immeuble, la jeune fille pénètre entre réalité et fantasmes dans la vie d’inconnues – car il s’agit ici exclusivement de femmes, l’élément voyeuriste étant écarté au seul profit d’une simple curiosité aiguisée par cette heure avancée, comme suspendue.

La bande-son, forcément, est au diapason, mêlant, voix, bruits de la ville et chansons volontiers désuètes – qui se souvient encore de Berthe Sylva ? – pour saisir un moment où des solitudes se rejoignent littéralement, de façon métaphorique, quand une intimité est créée malgré soi et que l’on vit, pour une fois, avec ceux qui habitent tout près et qui restent pourtant, normalement, de parfaits inconnus. Les aplats de couleur, tout en sobriété, utilisés en 2D pour les personnages sur un décor en 3D plus réaliste, achèvent de laisser s’exhaler tout le charme d’une œuvre d’école sélectionnée dans une bonne trentaine de festivals internationaux tout au long de l’année 2018.

Scénario Judith Herbeth, Inès Brini, Julien Cortey Production Ecole Georges Méliès
L’Extra Court

 


  • Dans le vent devant les séances de Papicha et Joker

    Un documentaire sur la mode, celle des capes ayant fait fureur cette année-là. Mais en un mouvement logique inverse, de la rue on remonte au studio photo et, encore en amont, à la conception par les stylistes du magazine Elle.

Au début des années 1960, Jacques Rozier s’est déjà distingué à travers des courts métrages – Rentrée des classes en 1956 et Blue Jeans deux ans plus tard. En 1962, il présente au Festival de Cannes un premier long appelé à une belle postérité, Adieu Philippine. C’est une date dans l’histoire du cinéma français et de la Nouvelle vague et, tandis que le film parvient sur les grands écrans l’année suivante, son réalisateur tourne un autre film court : Dans le vent. Le titre est évocateur – il y aura d’ailleurs une chanson éponyme, signée d’un certain Pierre Lalonde, à la même époque – et évoque parfaitement cette France volontiers frondeuse des Yéyés et de Brigitte Bardot qui aboutira aux événements de Mai 68.

À Paris, la mode est reine, bien sûr, et les jeunes filles soigneusement crêpées font très attention à leur apparence. Entre documentaire et sujet ORTF à la Dim Dam Dom, Rozier s’en va filmer, à travers les rues de la capitale, des élégantes de vingt ans, mais aussi, en micro-trottoir, des passants de tous âges et de tous sexes. Sa démarche est baignée de l’humour des réponses et des physiques croqués par sa caméra, mais Dans le vent apparaît aussi comme le témoin fidèle d’une époque et d’un milieu, où travaillent des professionnels reconnus : photographe, directrice de magazine féminin ou “cover-girl”, comme on disait alors… Sur les notes du pétaradant “appareil à soupirs” composé par Gainsbourg pour BB – quoique ce soit une version musicale que lon entend ici – Dans le vent est un ode aux Parisiennes de tous temps, libres, mutines et racées.

Scénario Denise Dubois Lallais, Jacques Rozier Interprétation Fouli Elia, Hélène Lazareff Production La Grande Ourse
L’Extra Court