Retour
Publié le 19/06/2019 - Musique

HUBERT-FÉLIX THIÉFAINE – Stratégie de l’inespoir

Stratégie de l’inespoir, le 17ème album d’Hubert-Félix Thiéfaine est en écoute au Cinéma Atlantic du 19 juin au 2 juillet 2019.

  • Thiéfaine prend des risques, chante comme jamais il ne l’avait fait auparavant.

Peut-être parce que le son s’emplissait d’une fluidité pop nouvelle ; sans doute aussi parce que après trente ans d’une incorruptible carrière il était temps de lui accorder la place qu’il méritait… Thiéfaine eut droit, pour son précédent album, à une exposition et à une reconnaissance inédites (deux victoires de la musique). Ce disque-ci, le dix-septième, est sûrement plus difficile d’accès, renouant — un peu — avec la rugosité du rock. Mais il est surtout gonflé d’une énergie vitale, virale, rebelle et revêche. A 66 ans, Thiéfaine résiste toujours. Avançant à contresens des autoroutes de la supposée modernité.

Sage ou réactionnaire, selon l’endroit d’où on l’écoute : Médiocratie pointe l’inhumanité des réseaux censés être sociaux. Karaganda se balade dans les ruines assassines du rêve communiste. Retour à Celingrad rend un hommage habile, érudit et poétique à l’auteur de Voyage au bout de la nuit. Et l’épatant Angelus se fait iconoclaste, quasi blasphématoire. D’autres titres taquinent l’amour, qu’il ne soit plus que cendres (Amour désaffecté) ou qu’il s’épanouisse en d’érotiques visions (Mytilène Island). A son habitude, Thiéfaine signe tous les textes, d’un verbe touffu, osé et imagé. Il confie la plupart des compositions à de plus jeunes complices : ses musiciens Yan Péchin et Christopher Board, mais aussi JP Nataf, Arman Méliès, Cali ou Jeanne Cherhal (qui lui signe une partition très « higelinesque »). A eux tous (et quelques autres), ils ouvrent le spectre de Thiéfaine.

→ Retrouvez tout le travail d’Hubert-Félix Thiéfaine ici !

Télérama