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Publié le 09/10/2019 - Musique

RACHID TAHA – Je suis africain

Je suis africain, l’album posthume de Rachid Taha est en écoute au Cinéma Atlantic du 9 au 22 octobre 2019.

  • Débordant de niaque, le rockeur mêle guitares western et guembri gnawa sur cet album posthume poignant, où il chante en français, arabe et anglais.

Avouons-le : cet album posthume, né après un voyage au Mali et publié un an après la mort de Rachid Taha, ne nous inspirait pas confiance. La faute notamment au morceau-titre dévoilé cet été, dont le refrain mollasson à l’humanisme bon teint laissait craindre un mordant émoussé. C’était compter sans la niaque naturelle du rockeur, qui revient au galop sur des chansons jubilatoires comme Minouche, Andy Waloo, Striptease ou Like a Dervish. Ironique et ­bluesy sous la cuirasse rock’n’roll, Rachid le marlou africain y convoque les figures de son panthéon, de Khalil Gibran à Bo Diddley, de Nelson Mandela à Jacques Derrida.

En français ou in english, il joue avec les mots, faisant rimer « derviche » avec « bakchich », « bouche » avec (française de) « souche ». Chante aussi, dans un arabe bien râpeux, « Je suis parti, je ne reviendrai plus » (Aïta), en réponse amère au Ya Rayah de Dahmane El Harrachi et sa promesse du retour. Produit par Toma Feterman (La Caravane passe), le mélange corsé de guitares western, de cuivres plaintifs et de violonades orientales joue à plein. L’Afrique noire, elle, pulse dans les vibrations soukouss, les notes boisées du balafon ou les cordes âpres du guembri gnawa. Une dernière fois, Taha brûle par ses racines et nous embrase. Puis tire sa révérence sur le chaâbi hollywoodien d’un poignant Happy End.
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