Présenté en avant-première dans nos salles par son réalisateur Jaime Rosales en avril, juste avant de recevoir le Prix Jules Verne du meilleur film au dernier festival du cinéma espagnol de Nantes, Petra sort sur nos écrans le 8 mai. Ne manquez pas cette « tragédie antique transposée dans l’Espagne contemporaine » portée par un casting prestigieux.

Synopsis : Petra, jeune artiste peintre, n’a jamais connu son père. Obstinée, la quête de ses origines la mène jusqu’à Jaume Navarro, un  plasticien de renommée internationale. Ce dernier accepte de l’accueillir en résidence dans son atelier, perdu dans les environs de Gerone. Petra découvre alors un homme cruel et égocentrique, qui fait régner parmi les siens rancœur et manipulation. Petra trouvera-t-elle vraiment ce qu’elle est venue chercher ?

« Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, Petra confirme la place singulière et précieuse du cinéaste espagnol Jaime Rosales. Son œuvre, reliant expérimentations formelles et réflexions sur des narrations elliptiques, trouve en Petra un beau prolongement de son nouveau rapport au cinéma amorcé avec La belle jeunesse (présenté à Un certain regard en 2014). La caméra, ici souvent flottante, de Rosales dessine les contours d’une jeune artiste s’entichant d’un vieux mentor acariâtre dans une splendide campagne espagnole. La simplicité apparente du récit ne doit pas faire oublier la brillante construction orchestrée de main de maître par Rosales qui choisit de bouleverser sa narration en inversant les différents chapitres qui la constitue. La reconfiguration permanente des rapports humains au sein de Petra laisse au spectateur une place suffisamment généreuse pour contrebalancer la distance froide avec laquelle le cinéaste espagnol dissèque, pour mieux en faire l’archéologie, ce milieu bourgeois pétri de ressentiment. Ainsi, avec Petra, Rosales déconcerte autant qu’il fascine, d’autant plus qu’il permet à Barbara Lennie de prouver une fois de plus la bouleversante puissance de son jeu. » La septième obsession