Emmanuel Audrain fait partie de ces réalisateurs qui accompagnent leurs films… Le testament de Tibhirine en 2010, a été projeté dans une quarantaine de salles en sa présence.  Avec son nouveau documentaire Retour en Algérie mettant en scène des témoignages bouleversants d’anciens appelés du contingent, nous aurons le plaisir de l’accueillir pour deux projections : lundi 8 à 18h30 au cinéma Atlantic et mardi 9 à 18h30 au cinéma Pax !

Synopsis : Ils ont eu 20 ans, entre 1954 et 1962. Comme deux millions de jeunes Français, leur Service militaire ce fut la Guerre d’Algérie.
La torture, les « corvées de bois »… sont les blessures dont leur génération n’a pas pu parler. 50 ans plus tard – à l’heure de toucher leur retraite du combattant – certains, sortent de ce long silence. Ils se regroupent et refusent – pour eux-mêmes – cet argent de la guerre. Ils le collectent et le redistribuent à des associations algériennes. Puis, affrontant leur douleur et leur honte, ils parlent.
Aux jeunes Français, qu’ils vont rencontrer dans les établissements scolaires, ils disent : « Parfois, il faut désobéir… Oser dire Non ! » Cette histoire a bouleversé leurs vies. Mais – aujourd’hui – ils veulent contribuer à en écrire une autre page… Solidaire et fraternelle, celle-là.

Emmanuel Audrain est un documentariste dont les films gravitent autour de deux univers : Le premier c’est la mer. Non pas celle de Trenet ou de Valéry mais celle, plus grave, que lui inspira le film de Kaminker, Dumaître et Vogel, tourné en 1958 à l’île de Sein, La mer et les jours. Depuis son premier film Boléro pour le thon blanc, Ile d’Yeu 1985, en passant par Les enfants de l’Erika, jusqu’à Alerte sur la ressource, 2002, les films d’Emmanuel Audrain vont au plus près des prises de conscience de notre époque, sans jamais en oublier l’humanité au sens propre, c’est-à-dire le peuple des pêcheurs et autres gens de mer. Le deuxième univers de ses films, c’est la capacité d’écoute dont ils témoignent, on pourrait presque parler d’amitié comme valeur de plan ou de cadrage… Ce sont des films comme Mémoire des îles, PARTIR accompagné, Je suis resté vivant !, Le testament de Tibhirine. Et tout dernièrement, Retour en Algérie. Emmanuel Audrain se souvient que le travail du documentariste québécois Pierre Perrault, l’a marqué. L’auteur de Pour la suite du monde, filme les habitants de l’Ile aux Coudres et partage avec eux, dans la durée, « l’aventure du tournage ». Ce qu’Emmanuel offre le plus généreusement à ceux qu’ils filment, c’est cette aventure du tournage, qu’il paye avec son temps. « Avancer par des chemins, non connus d’avance », dit-il. Il a pour habitude de tourner, d’envoyer ou de montrer ses images sur DVD (autrefois VHS), puis de tourner encore… Ses films se font lentement. C’est un engagement, pas toujours facile à vivre économiquement. Mais, ceux qu’il filme ne s’y trompent pas ; ils apprécient ce respect. Emmanuel Audrain note que ce qui le bouleverse – dans sa vie et dans ses films – « C’est de découvrir chez l’autre, le sens du bien commun. L’intelligence du cœur… » Philippe Niel, revue Positif, formateur cinéma, Février 2014