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Le Voyage du Prince

Animation - 1h18 Rêves d'enfances #16 - Avant-première
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Synopsis

Un vieux prince échoue sur un rivage inconnu. Blessé et perdu, il est retrouvé par le jeune Tom et recueilli par ses parents, deux chercheurs contraints à l'exil... Le prince, guidé par Tom, découvre avec enthousiasme et fascination une société pourtant figée et sclérosée.

Fiche technique

Titre Le Voyage du Prince
Durée 1h18
Date de sortie 04/12/2019
Réalisateur Jean-François Laguionie
Acteurs
Genres Animation
Nationalité France

Notre critique

"Un long métrage pour toute la famille
A tout seigneur tout honneur : le dernier film de Jean François Laguionie (coréalisé avec Xavier Picard) a provoqué une standing ovation alors que le festival d’Annecy remettait un Cristal d’honneur à ce pionnier de l’animation française. Comment ne pas être profondément ému par Le voyage du Prince, où le dessinateur-conteur semble faire le point sur son monde et le nôtre, au gré de couleurs du temps légèrement délavées ?

Conçu comme un journal de voyage, avec une voix off magnifique, ce tendre et piquant conte philosophique pour toute la famille (à découvrir en salles le 4 décembre 2019) démarre sur un rivage inconnu où un vieux singe naufragé, le Prince, est sauvé par Tom, un autre singe d’une dizaine d’années. Dès cette première séquence, entre bleu grisé et beige sable, flotte le thème de la transmission, au-delà des plages générationnelles. Les deux primates ne parlent pas la même langue mais le jeune Tom comprend rapidement l’aîné alors que ses parents, deux chercheurs bannis par l’Académie et retirés dans un vieux musée d’Histoire naturelle, en sont encore à s’interroger sur cet « étranger ». Une fois requinqué, le Prince prend la main de l’enfant pour découvrir cette civilisation progressiste et fière de l’être avec sa ville rutilante de lumière aux immeubles bien rangés, mais soumise à la peur et de plus en plus encerclée par la végétation…

En redonnant vie au Prince de Laankos, parti en expédition à la fin du Château des singes (1999), Jean-François Laguionie retourne à son thème fétiche – la découverte des autres, et donc, de soi –, mais de manière bien plus personnelle : on sent que le cinéaste se rêve à travers ce monarque éclairé toujours en quête d’ailleurs, ce Léonard de Vinci simiesque qui fait des croquis et invente des machines volantes. Après d’alertes scènes d’escalades végétales, sa promenade initiatique le mènera sur une canopée très écolo avec sa permaculture et ses habitants qui portent de petites lunettes rondes à la John Lenon !

D’un côté, le réalisateur use de son trait d’orfèvre pour dessiner les limites d’un modèle de société à l’urbanisme sclérosé, dirigée par une assemblée de politiciens obtus et endormis, avec, pour seul exutoire, un parc d’attractions horrifiques – la séquence pourrait rendre un Tim Burton fou de jalousie. Sans parler du merveilleux hommage au passé du cinéma, à travers King Kong : « mais, enfin, comment les spectateurs ne se rendent-ils pas compte, que ce gorille est amoureux ? » plaisante le Prince. Pour autant, Jean-François Laguionie fait aussi preuve d’une délicate insolence envers une existence baba cool un peu trop en retrait du monde. Avec cette fable humaniste en lignes douces, où les verts profonds enlacent le vieux bronze et le brun fusain, Jean-François Laguionie, ce jeune homme tout juste octogénaire, a peint ses Lettres Persanes." Télérama

Séances

Cinema PAX Cinema ATLANTIC Film précédé d’un court-métrage Séance Bébés bienvenus